Dominant la baie de Fornells, le château de Sant Antoni se dresse comme un monument historique qui raconte la naissance de ce magnifique village de pêcheurs sur la côte nord de l’île.
Histoire
L’origine du village de Fornells est liée à la fortification de la baie, un emplacement stratégique de l’île de Minorque. Le processus de construction du château, à partir de 1637, a favorisé l’apparition d’un faubourg. Dans les décennies qui ont suivi le début des travaux (1647 – 1680), les premières maisons ainsi que les premières rues et places du faubourg de Fornells ont été construites.
Les premiers habitants de Fornells étaient des personnes liées à la construction du château et des militaires affectés à la fortification. À partir de 1782, avec la mise hors service du château, Fornells perdit de son intérêt pour les militaires et, dès lors, devint progressivement un village essentiellement tourné vers la pêche.
Au cours du XXe siècle, il est devenu un village touristique qui se distingue par la singularité de son paysage, son offre nautique et sa gastronomie marine traditionnelle minorquine.
Le rempart et les bastions
Le port de Fornells ne disposait d’aucune défense militaire. En 1604, une tour de guet fut construite, mais la zone nécessitait une construction militaire plus importante pour lutter contre les attaques de pirates. Le roi Philippe IV ordonna la construction d’un château dans la zone occupée aujourd’hui par la tour de défense de Fornells (1625), mais celui-ci ne fut jamais construit par manque de budget.
À partir de 1637, la construction du château commença à son emplacement actuel sous le nom de Sant Antoni. Les châteaux de l’époque se caractérisaient par des murs hauts, épais et légèrement inclinés.
Les angles étaient défendus par quatre bastions, des plateformes en forme de pentagone situées aux angles saillants, dotées de murs épais remplis de fer, où étaient placés les douze canons et les mousquets pour défendre le château. Les remparts de Sant Antoni mesuraient douze mètres de haut, trente mètres de large et étaient entourés d’un fossé.
La cour d’armes et la défense du château
Ils se trouvent au centre de la cour d’armes, autour de laquelle s’organisait la vie quotidienne du château. Située au rez-de-chaussée, la cour communiquait avec les bastions sud et ouest, où se trouvaient les poudrières et les casemates (pièces couvertes et spécialement fortifiées) d’où les soldats tiraient sur l’ennemi. Dans cette partie de la cour se trouvait l’accès à la chapelle royale du château, aux chambres des soldats et des officiers, à la maison du capitaine et aux bureaux.
Dans la cour, les soldats effectuaient leur entraînement et s’y trouvait le palier de l’escalier principal, qui permettait d’accéder à la plateforme d’artillerie. On peut également observer deux ouvertures : l’une correspond à l’ouverture de la citerne et l’autre communiquait avec les entrepôts souterrains. L’entrée du château, par un pont-levis, se situait au sud.
L’accès à la cour d’armes était en forme de zigzag pour entraver les attaques. En 1798, l’ancienne cour d’armes fut réutilisée : de petites constructions furent érigées ainsi qu’un nouvel escalier permettant d’atteindre la hauteur où fut installée la nouvelle batterie de canons.
Citerne
L’eau est une ressource stratégique qui devait être garantie dans tout bâtiment militaire. Son usage principal était la consommation de la garnison. Cependant, elle servait également à d’autres fins nécessaires à la défense militaire. Par conséquent, pénétrer dans cet espace, qui correspond à l’ancienne citerne du château, revient à entrer au cœur même de la fortification.
Le château disposait d’un système de récupération des eaux, qui les acheminait jusqu’à ce point pour les stocker. La citerne est l’une des quatre parties du niveau inférieur du château, une zone souterraine située sous la cour d’armes.
Ses dimensions sont de 8 mètres sur 8, avec une voûte en berceau et une capacité de stockage d’environ 130 tonnes d’eau de pluie. Le goulot ou l’ouverture de la citerne était situé sur un côté de la cour et permettait une autonomie en approvisionnement en eau pour la fortification. C’est l’un des rares espaces conservés intacts après la mise hors service du château ordonnée par Charles III en 1782.
Les entrepôts
Cette zone correspond au niveau souterrain du château ou à la cour d’armes. Cet espace était destiné au stockage de la fortification. Il existait deux autres salles identiques à celle-ci, juste en face. Chacune d’elles avait également une dimension de 8 mètres sur 8 et se terminait par une voûte en berceau, afin de résister aux attaques de l’artillerie ennemie.
Les entrepôts et la citerne étaient protégés par la muraille, les bastions et les zones remblayées de terre. C’était l’endroit destiné à stocker les provisions et les munitions du château.
Juste en face de cet entrepôt, on peut observer les fondations de la plateforme du château correspondant à sa partie sud. Lorsque le château était encore en usage, ces espaces étaient remplis de terre. Actuellement, ils ont été excavés et leurs structures sont visibles. En face, sur la droite, se trouvait l’accès qui, depuis le rez-de-chaussée, menait aux entrepôts. Cet ancien entrepôt et les deux zones situées en face, des espaces vastes et protégés du vent du nord, sont actuellement utilisés pour organiser divers événements culturels.









