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Cornia Nou

Le village talayotique de « Cornia Nou » se situe à la sortie de Mahón en direction de l’aéroport de Minorque, tout près du centre commercial Binipreu. On peut y découvrir deux des talayots les mieux conservés et les plus singuliers de l’île.

Le grand Talayot : un édifice construit pour impressionner

Gran Talayot de Cornia Nou
Grand Talayot de Cornia Nou

Le bâtiment que vous voyez sur l’image est l’un des plus grands talayots de l’île. Il mesure environ 10 mètres de haut pour 25 mètres de diamètre. Environ 7 300 tonnes de pierre ont été utilisées pour sa construction.

L’excavation de la plateforme supérieure a permis de comprendre le système de construction, basé sur des anneaux concentriques de pierres. L’étagement des anneaux durant le processus de construction permettait de monter les pierres plus facilement.

Nous ne savons toujours pas avec certitude à quoi servaient les talayots, étant donné que la plateforme supérieure, qui était probablement le lieu où se déroulaient les activités, n’est généralement pas assez bien conservée pour contenir des objets offrant des indices.

Cependant, il semble évident qu’il s’agit d’édifices construits grâce aux efforts de toute la communauté, ou d’une grande partie de celle-ci. Il a été suggéré que leur construction pourrait être un moyen de renforcer la cohésion entre les habitants du village. Cela pourrait également être une manière de démontrer la puissance de la communauté face à d’autres villages, car les talayots sont très visibles dans le paysage.

La densité de talayots sur l’île est si élevée que, depuis le sommet de l’un de ces bâtiments, on peut toujours en voir plusieurs autres. Il a également été suggéré que les talayots seraient liés à la démonstration de la puissance de certains secteurs spécifiques de la population, et qu’il existerait, par conséquent, une certaine hiérarchie au sein des villages.

Ce talayot en particulier présente un escalier monumental sur le côté sud et deux accès internes qui permettent également de monter à la partie supérieure. Il s’agit donc d’une structure complexe, qui peut être associée à une société tout aussi complexe.

Le bâtiment sud : Un espace de travail collectif

Le bâtiment sud de Cornia Nou
1 Reconstitution du bâtiment et simulation des systèmes utilisés pour battre (briser les épis et séparer les grains de la paille) et moudre (transformer les grains de céréales en farine) (Andreu Torres)

Le bâtiment sud est adossé au talayot, et les deux ont probablement été utilisés simultanément, entre 1100-900 et 600 av. J.-C.

L’excavation archéologique a permis de récupérer une grande quantité de restes de céramique, d’os d’animaux, de moulins manuels, de mortiers, de poinçons et de spatules en os.

D’autre part, une grande quantité de grains de céréales carbonisés a été récupérée. Les céréales étaient probablement grillées dans la structure de combustion située dans la partie centrale, afin de les décortiquer plus facilement ; certains grains restaient trop grillés et brûlaient, ce qui a permis leur conservation jusqu’à aujourd’hui.

Moulin à main, mortier et récipients en céramique
2 Moulin manuel, mortier et récipients en céramique trouvés à l’intérieur du bâtiment. Certains de ces objets sont exposés au Musée de Minorque

Il s’agissait donc d’un lieu où étaient centralisés les travaux de préparation des aliments et où ces produits étaient stockés. Cette grande concentration d’outils à l’intérieur d’un bâtiment monumental qui servait également de lieu de stockage est un cas unique jusqu’à présent dans la préhistoire des Baléares.

Les archéologues qui étudient le site ont suggéré que certains secteurs de la population auraient pu contrôler l’accès à ces produits. La communauté qui a vécu à Cornia Nou présenterait donc déjà certaines inégalités sociales.

L’étude des os d’animaux a permis de savoir que les habitants du village élevaient principalement des chèvres et des moutons, bien qu’ils aient également possédé des vaches et des porcs. On a aussi trouvé des restes de cerf, un animal introduit sur l’île à l’époque talayotique puis éteint. Par ailleurs, on a découvert les restes de poule les plus anciens de l’île (800-600 av. J.-C.). L’introduction de cette espèce peut être liée au commerce phénicien.

Les citernes : Un système d’approvisionnement en eau

Citernes de Cornia Nou
Citernes de Cornia Nou

Les deux ouvertures que nous voyons à droite de l’image, actuellement recouvertes de grilles, sont deux citernes que les habitants de ce village ont excavées dans la roche, à l’époque talayotique, pour stocker l’eau de pluie. En additionnant les deux cavités interconnectées, elles peuvent contenir environ 20 tonnes d’eau.

L’excavation archéologique des deux citernes a fourni une grande quantité de données. Au fond, une couche de boue a été trouvée, accumulée lorsque les citernes étaient encore en usage, entre 400 et 200 av. J.-C.

Dans cette couche de boue, une grande quantité de récipients en céramique brisés a été découverte, ayant probablement servi à puiser de l’eau.

Certains de ces récipients sont de fabrication locale, mais il y en a aussi d’autres provenant d’Ibiza punique ou de la péninsule italienne, grâce aux échanges commerciaux.

Vases en céramique découverts lors des fouilles archéologiques des citernes
Récipients en céramique trouvés lors de l’excavation archéologique des citernes. 1 : jarre talayotique (300-100 av. J.-C.), 2 : jarre punique (400-350 av. J.-C.), 3 : jarre ibérique (200-100 av. J.-C.), et 4 : jarre médiévale islamique. Certains de ces objets sont exposés au Musée de Minorque

L’étude des grains de pollen contenus dans ce sédiment a permis de connaître l’environnement du village : possiblement plus déboisé qu’aujourd’hui, mais avec une présence d’oliviers sauvages, de pins et de chênes verts dispersés.

Les fragments de charbon trouvés lors de l’excavation ont permis de savoir que le bois utilisé comme combustible provenait surtout de l’olivier sauvage (l’arbre situé à l’entrée est un olivier sauvage), mais aussi du lentisque (l’arbuste que l’on peut voir sur le mur de l’entrée).

Grâce à l’étude des os d’animaux trouvés, nous savons que les habitants du village élevaient principalement des chèvres et des moutons, mais avaient aussi quelques vaches et porcs, ainsi que des chiens.

À l’époque romaine, ces citernes ont cessé d’être utilisées et les habitants du village ont commencé à les utiliser pour jeter des déchets (restes de céramique et os d’animaux), un usage qui s’est poursuivi à l’époque médiévale islamique.

Le talayot est : L’entrée d’une enceinte fortifiée

Talayot ​​oriental
Talayot est de Cornia Nou

Le bâtiment que nous voyons sur l’image porte le nom de talayot, mais il est très différent de celui que nous avons vu précédemment. Il possède un couloir qui le traverse de part en part, car il s’agit d’un accès fortifié à une enceinte entourée de murs de l’époque talayotique. La partie extérieure de l’enceinte occupe le sommet d’une petite élévation du terrain, derrière le talayot.

Sur le côté nord de cette élévation, nous voyons de petites falaises qui empêchent naturellement le passage. Sur le côté sud, la pente est plus douce, c’est pourquoi les habitants du village ont dû construire une muraille pour empêcher le passage et se protéger, muraille dont le talayot fait partie intégrante.

La majeure partie de la muraille a disparu, mais on peut encore en voir un fragment si l’on marche une quarantaine de mètres en laissant le talayot sur notre gauche. Lorsque nous entrons dans le talayot, nous devons remarquer le mur de gauche : on peut voir une petite porte qui donne accès à une chambre dont la fonction reste inconnue. Celle-ci communique avec le couloir par une fenêtre très étroite.

Quelque temps après la construction de la muraille, vers la fin de l’époque talayotique (400-200 av. J.-C.), l’intérieur du talayot a perdu sa fonction d’entrée de l’enceinte pour devenir partie intégrante d’une habitation.

Lors de l’excavation archéologique, on y a trouvé des récipients en céramique, des moulins manuels pour moudre les céréales et d’autres objets de la vie quotidienne.

À l’époque médiévale islamique, cette construction était encore utilisée comme refuge occasionnel pour les personnes et le bétail, un usage qui s’est maintenu jusqu’au XXe siècle.

Textes et illustrations extraits des panneaux d’information que vous trouverez sur le site du village.

Comment s’y rendre

Le village de « Cornia Nou » se trouve à la sortie de Mahon en direction de l’aéroport de Minorque, en face du centre commercial Binipreu, d’où vous devrez continuer par la rue Curniola, jusqu’à la hauteur d’Autos Valls.

Une fois sur place, vous devrez marcher environ 5 minutes par le « Camí vell de Sant Climent« , un beau et ancien chemin rural qui vous conduira jusqu’à l’entrée du village.

ADRESSE : Camí vell de Sant Climent 105, Mahon

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Horaires, tarifs, gestion

PRIX : Visite libre.

PROPRIÉTÉ ET GESTION : Privée

Galerie d’images

Que faire à Mahón

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